Epiphanie

3 janvier 2026

Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2026

 

Chers frères et sœurs, en ces jours où la plupart des personnes s’échangent leurs vœux de bonne année — chacun selon ce qu’il estime important et fondamental (santé, réussite, argent, bonheur, etc.) —, avec le père Nelson, nous voulons, nous aussi, de tout cœur, vous adresser nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Nous souhaitons le faire en prenant appui sur la liturgie du 1er janvier, en la solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu. En effet, l’Église nous fait entrer dans cette année nouvelle par le mystère de la fécondité divine de Marie, manifestée entre autres par l’imposition du Nom divin au cœur même de la fragilité humaine d’un enfant :
« L’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. » (Lc 2,21)

 

Ce thème évangélique de la fécondité divine dans notre humanité est introduit par les paroles de la première lecture : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage et t’accorde sa grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage et t’apporte la paix ! Ils invoqueront ainsi mon Nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai. » (Nb 6,22-27)

Ces paroles résonnent chaque année comme une promesse renouvelée de la fidélité de Dieu. Elles ne cherchent pas à écarter les difficultés du chemin, mais à affirmer une présence : celle du Seigneur qui demeure au cœur du parcours humain. Dans leur contexte, ces paroles sont prononcées juste avant le départ d’Israël du mont Sinaï, moment décisif où le peuple s’engage dans la traversée du désert, lieu d’épreuve et de conversion, lieu d’intimité et de fiançailles avec le Seigneur. Ainsi, la bénédiction précède le combat et la victoire. Elle n’en supprime pas les étapes rudes, mais elle inscrit dans chaque pas la certitude que Dieu marche avec son peuple, le garde et l’éclaire.

 

Lorsque Dieu dit à Moïse : « Ils invoqueront ainsi mon Nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai », il révèle le sens profond de la bénédiction : rendre présent le Nom de Dieu. Ce Nom n’est ni une formule ni un signe magique. Dans la Bible, le Nom exprime la personne elle-même, sa présence active et vivante. Invoquer le Nom du Seigneur, c’est faire mémoire de sa fidélité et accueillir sa présence au cœur même de notre vie quotidienne.

Les prêtres d’Israël, en levant les mains sur le peuple, déposaient sur lui le Nom du Seigneur, comme si ce Nom devenait pour lui abri et source. Dans l’Église, les prêtres poursuivent ce geste chargé de sens : dans la liturgie, chaque prière, chaque signe de croix, chaque bénédiction invoque le Nom de Celui qui sauve. Le chrétien qui se laisse bénir devient, à son tour, porteur de ce Nom. Ainsi, la bénédiction est la manière même dont Dieu se communique à notre humanité : il se rend présent en nous pour que son Nom agisse à travers nos paroles, nos gestes et nos relations.

Invoquer le Nom du Seigneur dans notre humanité, c’est apprendre à regarder toute situation — joie ou épreuve — comme un lieu possible de communion avec Lui. C’est découvrir que ce Nom, signe de la présence divine, peut féconder notre fragilité pour y faire germer la paix et la lumière.

 

Le 1er janvier, l’Église a célébré Sainte Marie, Mère de Dieu, qui incarne ce mystère de la présence divine dans la chair humaine. En elle, le Nom du Seigneur s’est fait chair : Jésus, « Dieu sauve ». Par Marie, Dieu a inscrit son Nom au cœur de notre histoire. En contemplant la Mère de Dieu, nous apprenons à laisser la bénédiction divine habiter notre vie, afin de devenir, à notre tour, témoins de la présence du Seigneur.

 

Que cette nouvelle année soit vécue sous le signe de cette bénédiction : que le Nom du Seigneur soit béni, qu’il éclaire nos routes, qu’il soit sur nos lèvres dans la prière et dans nos gestes de paix envers nos frères. Dans la joie, invoquons-Le pour bénir et rendre grâce ; dans la détresse, tournons vers Lui notre regard. Ainsi, le Nom de Dieu fécondera divinement notre humanité tout au long de nos chemins sur la terre.