Accueillir une famille de réfugiés sur notre secteur

21 septembre 2015

" Devant un tel constat, comment ne pas repenser à la situation qui était celle de l’Europe à la fin de la deuxième Guerre mondiale, un continent ravagé par la guerre et toutes ses séquelles ?

À l’époque, les autorités internationales avaient eu le courage et la force de mettre en place un plan “Marshall” d’aide économique à l’Europe dévastée. Aujourd’hui, pourquoi n’aurions-nous pas le courage de mettre en place un nouveau plan Marshall pour l’Afrique et le Moyen-Orient, afin de permettre à l’Afrique de sortir de son sous-développement chronique et de s’affronter à son avenir riche de toutes ses potentialités, et au Moyen-Orient de prendre conscience qu’il n’y a pas d’autre solution que de vivre ensemble sur cette terre qui regorge de richesses pour le bien de tous ?

L’Europe elle-même sortirait grandie d’un tel projet, car son agriculture comme son industrie pourraient retrouver un vrai développement pour soutenir l’Afrique et le Moyen-Orient et les préparer à assurer leur propre développement dans l’avenir.
Alors et alors seulement, nous ne verrions plus nos propres dirigeants s’enfermer dans une logique sans fin en espérant contenir cette poussée venue du Sud au prix de millions d’euros.

Pour mettre fin à tous ces mouvements migratoires, la seule solution est de permettre à nos frères d’Afrique et du Moyen-Orient de développer leur propre continent. Il regorge de richesses qui,
mises en valeur, devraient leur permettre de trouver leur place dans le concert des nations pour le bien de tous. Il reste cependant à s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour mettre fin
à Boko Haram et à l’État "dit islamique" qui ne sauraient en rien être représentatifs de nos frères musulmans. Je vous l’avoue, depuis des mois je suis tourmenté par ces visages de migrants qui peuplent la brousse des périphéries de Calais, par cette folie qui consiste à penser qu’il sera possible de contenir ces foules dont le seul désir est de survivre, par tout ce que j’ai vu à Bukavu comme dans l’Est de la R.D.C., et enfin par notre indifférence, intéressée seulement à ne perdre aucun des avantages acquis. Puisse le cadavre de ce petit enfant nous obliger à ouvrir nos yeux et à faire la vérité.

Demain, comme le demande le pape François, j’écrirai aux paroisses et aux communautés pour savoir si elles sont prêtes à accueillir chacune une famille de migrants, je contacterai le Préfet d’Avignon pour envisager avec lui les modalités de venue de ces familles
tout en lui demandant quelle perspective est entrevue pour une prise en charge à moyen terme, je prendrai contact avec les services de la Conférence des Évêques de France pour coordonner avec eux nos efforts. Mais si nous ne sommes pas capables de regarder la situation réelle des pays que viennent de quitter tous ces migrants, pour nous demander comment intervenir pour changer ces situations de guerre et de misère, alors je continuerai à avoir honte !

Oui, chrétiens réveillons-nous, nous ne pouvons continuer à vivre en ignorant que le reste du monde agonise à nos portes."

Avignon le lundi 7 septembre 2015

Oui, nous sommes en train de nous mobiliser. Après un conseil pastoral extraordinaire, Vendredi 11 Septembre, quelques paroissiens se sont proposés pour apporter leurs disponibilités et leurs compétences. Nous vous tiendrons au courant de l’évolution, je l’espère rapidement.

Père Charles-Bernard